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“Toujours du vent…”

18 juillet 2016

Nous sommes partis du camp de base le 10 juillet à 4 heures du matin direction le Camp 1 puis Camp 2 puis Camp 3 avec une perspective de sommet le 14 !!… La rotation est ambitieuse car les cordes ne sont fixées que jusqu’au Camp 2. Cela veut dire que les sherpas qui sont partis le même jour que nous mais sont allés directement au Camp 2 doivent  fixer le Camp 3, monter les tentes, les cooks, les bouteilles d’oxygène avec à peine 24 heures d’avance.

Le lendemain, lorsque nous sommes arrivés au Camp 2, nous apprenons que les conditions météo, essentiellement la force du vent, n’ont pas permis aux sherpas de fixer le Camp 3. Ils sont tous redescendus dormir au Camp 2. La question se pose alors, tenter de monter au Camp 3 ou redescendre…

La décision est finalement prise de continuer même si les chances d’un “summit push” se réduisent comme peau de chagrin, le Camp 3, Camp 4 et sommet n’étant pas encore équipés.

La montée entre le Camp 2 et le Camp 3 est interminable et extrêmement pénible,  “inhumaine, dit François mais tellement belle” ! Pentes raides sans cesse entrecoupées de ressauts rocheux, de section de glace. Certaines expéditions sont déjà sous oxygène alors que nous tentons de trouver un rythme dans cet enfer à plus de 7000 m … Et nous sommes qu’à 7000 m !!…

Épuisés, nous arrivons enfin au Camp 3 à 7300 m, il faut ensuite s’installer dans une tente que les sherpas ont montée (3 par tentes pour les membres et 4 voire 5 pour les sherpas). Je me retrouve entre François et Andreas, la tente est pleine de bouteilles d’oxygène, à cela il faut rajouter nos 3 gros sacs à dos, nos 3 paires de chaussures, les 3 matelas, il fait froid. Nous nous glissons dans nos sacs de couchage qui donne un effet de 3 gros saucissons collés. Ensuite, faire de l’eau et tenter de manger… Trop de vent à l’extérieur pour mettre le réchaud dans l’abside nous contraint à faire une petite plateforme avec les grosses chaussures, un qui tient le réchaud, l’autre la casserole et le 3ème qui fait fondre la neige. 3 soupes, 3 thermos, un morceau de fromage et 3 cracottes plus tard soit environ 2 heures, nous nous organisons pour la nuit. Chacun se cale tant bien que mal,  tente de trouver une position sans trop gêner son voisin. Le vent secoue toujours la tente, il fait probablement entre -10 et -15° mais la chaleur des 3 sacs de couchage commence à faire son effet et à réchauffer les derniers orteils réticents. Mes voisins commencent à avoir un souffle plus régulier et à s’endormir… et c’est là que moi j’ai envie de faire pipi !!! …

Sophie

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